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Le cabanon de Saint-Ferréol

LE CABANON DE SAINT-FERRÉOL et les PAPIS VIGNERONS

Implanté sur les pentes de la colline, près du parking du « bois de Saint-Ferréol » ce cabanon au seuil de sa disparition totale, est aujourd’hui restauré par l’ASFVL (Association des amis de Saint-Ferréol et du vieux Lorgues) avec le soutien de la municipalité.

Il témoigne du patrimoine rural de Lorgues au 19ème siècle et permet la découverte d’un mode de vie révolu dans notre campagne Provençale.

Les formes traditionnelles de l’agriculture du 18ème au début 20ème siècle sont un élément fondateur de l’identité rurale du midi. La classe paysanne composée essentiellement de petits propriétaires et fermiers, a donné naissance à la richesse des paysages de nos collines en façonnant leurs « restanques » (terrasses de culture) et construisant un habitat traditionnel simple et adapté aux usages.

Les maisons de campagne étaient de quatre sortes :

— La grande bastide – Est la résidence rurale à la fois de gens aisés et du fermier de leur exploitation.

Elle se caractérise par un volume plus ou moins important et très soigné.

— La ferme – ou maison paysanne, ou mas – De proportions et de construction plus modeste que la grande bastide.

Elle se caractérise par la faculté d’évolution de sa partie exploitation par ajouts successifs.

— Le bastidon – ou petite bastide- C’est une réduction de la ferme.

Construite en matériaux locaux, elle appartient le plus souvent à un résident de la ville petit commerçant ou bourgeois qui vient régulièrement y entretenir ses vignes et oliviers.

Elle se compose d’un rez-de-chaussée et d’un étage.

Le cabanon – A la consultation des cadastres, on estime qu’un tiers environ des cabanons encore visibles date du 19ème siècle.

Le paysan y trouve au milieu des champs ou en lisière de parcelle un petit abri temporaire, isolé et d’un seul niveau au cours de sa journée, sa ferme étant trop distante de son exploitation.

Sa durée de séjour y est donc variable selon le travail à effectuer (moisson, vendange, taille, labours…).

Toutefois cette vocation agricole peut être supplantée par d’autres statuts tels qu’un lieu de simple halte pour la chasse, voire une habitation pour villégiature en famille ou amis.

Le cabanon oscille donc entre les notions de travail et de loisir et aujourd’hui encore, il garde toute son ambivalence.

Ces deux réalités expriment le quotidien ou bien des moments hors du cadre des obligations de la vie courante.

La seconde tendance l’emporte aujourd’hui.

La surface moyenne utile est de 25M².

Il est parfois divisé en deux espaces pour les hommes et leurs animaux.

Isolé au milieu des restanques au sud de l’Ermitage, le cabanon de Saint-Ferréol est une construction plutôt recherchée avec une superficie de 40M² dont une petite chambre adjacente à la pièce à tout faire qui a été véritablement découverte sous les gravats et murs écroulés lors des travaux de débroussaillage et tri par taille des pierres à récupérer.

Le paysan prenait ses repas dans la pièce à vivre éclairée par l’unique fenêtre donnant sur le sud.

Des restes de placard mural et de cheminée sont encore visibles à l’intérieur du pignon ouest.

Le sol est en terre battue avec des traces de carrelage à l’angle sud-ouest.
Cette pièce était meublée traditionnellement d’une table à tiroir et de quelques chaises de paille.

Un coin pour stocker le matériel aratoire et les semences fait face au droit de la porte d’entrée étroite et basse.

Le sol y est caladé.

Une citerne récupérant les eaux de la toiture par un ingénieux système de conduite des eaux de ruissellement facilite le séjour en étant intégré au bâti de la pièce à vivre.
La découverte du conduit en terre cuite d’évacuation des eaux usées au sein de la citerne atteste la présence d’une « pile » (évier en grès ou granit) posée sur sa margelle, ou d’un « tian » (bassine en poterie pour laver les légumes, le linge ou autres usages domestiques).

Les deux surverses (pile et citerne) s’écoulent dans un petit bassin extérieur en contre bas dont l’étanchéité perdure malgré son abandon total pendant plusieurs décennies.

La direction de la faîtière est E-O, l’orientation dominante de la façade principale est le sud.

Le cabanon répond ainsi à des paramètres climatiques : des pignons étroits affrontent de biais le vent et la pluie et les deux blocs de pierre plate découverts lors des fouilles et placés par nos anciens à l’entrée bénéficient ainsi d’un ensoleillement maximal.

Le cabanon est bâti en pierres tout venant liées au mortier.

Il a gardé des traces de crépi.
La toiture disparue a été refaite à neuf en réemployant à la fois les tuiles canal de dessous de la Collégiale posées directement sur des « chanlattes » (chevrons à structure triangulaire) selon la technique de l’époque.

Une annexe pour l’âne, le mulet ou quelques chèvres, de 31M² et ceinturée d’un muret de pierres, lui est adjacente.

Une petite ouverture dans le pignon permettait au paysan d’en assurer la surveillance.

Enfin ce cabanon bénéficie à proximité immédiate d’un autre petit bâti rural sous forme d’une « aire de battage » du blé, avoine, orge ou autres céréales.

D’une superficie de 39M² avec un diamètre de plus de 10M, elle est construite en arc de cercle.

On y séparait les grains des restes de la paille par battage au fléau puis par « vannage » avec l’aide du vent qui emportait les éléments les plus légers.

L’invention de la moissonneuse batteuse en 1940 ne justifiera plus son existence.
En conclusion, le cabanon témoigne d’un véritable art de vivre du fait de sa grande proximité avec les cycles de la culture de la terre, des saisons, des animaux et des végétaux.

Au-delà de sa dimension fonctionnelle qui justifiait son existence, ce cabanon prend aujourd’hui une valeur de témoignage.
Sa restauration devrait permettre de faire connaitre plus globalement non seulement le patrimoine historique et rural de Lorgues mais aussi son environnement naturel et paysager.

Ce projet s’inscrit dans un projet plus large, propre à assurer sa conservation à long terme :

le projet des Papis vignerons de Saint-Ferréol.

Sources : Les cabanons de Provence-Nadine de Trans

Analyse environnementale de site à St Rémy –ENSAL Lyon 2007

Chapitre 24 –Ruralité la Seyne-PDF

aix-en-provence.com/provence architect/habitats/habdisp.htm
saintcyrsurmer.fr/ Philippe Fournier-Carrié

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