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La Collégiale Saint-Martin

Les Amis de Saint-Ferréol et du Vieux Lorgues sont heureux de la réouverture de la Collégiale Saint-Martin de Lorgues

Le  monument *:
L’extérieur

Qui de loin vient à Lorgues remarque d’abord son église.

Sorte de navire ancré au port, elle jaillit au milieu des maisons serrées prés d’elle, dressant son clocher – tel un mât – par-dessus la houle des toitures.

Voilà plus de deux siècles et demi qu’elle s’intègre au paysage urbain, présentant une patine identique à celle des maisons qui l’entourent puisqu’elle est fabriquée avec les mêmes matériaux du terroir : l’argile des tuiles, le sable et la chaux, et surtout la pierre calcaire dure.

Parvenu sur la place, on découvre un édifice impressionnant de taille, notamment au soir d’une journée d’été quand les derniers rayons du soleil éclairent la façade principale exposée au Nord.

Alors, la pierre grise soigneusement taillée s’adoucit en rose.

Le style
Tout de suite l’on est surpris par l’imposante dimension de la façade qui peut s’inscrire dans un carré de 30 m de côté.

Et surtout par le classicisme épuré des formes ; le tracé des lignes droites, la symétrie parfaite, l’ordre colossal qui d’un seul jet relie le parvis au puissant fronton triangulaire, toute cette masse fait effet par sa géométrie.

Cependant cette rigueur presque militaire est atténuée par le bossage et le décor des trois portes, par l’oculus octogonal, et la petite note de fantaisie vient des deux sphères de pierre couronnant les pilastres d’où partent les consoles.

Cet ensemble homogène bien proportionné, au décor discret, relève du style classique issu des principes de la Renaissance, mais peu fantaisiste ni tourmenté.

Au-dessus du grand portail, on remarque une statue de la Vierge Marie gardienne – ou Notre-Dame du Belvédère – érigée en 1864. Deux autres statues surmontent les portes latérales : à l’Est celle de Saint Ferréol, patron de la ville, et à l’Ouest celle de Saint-Martin, titulaire de la paroisse (toutes deux érigées en 1888 à l’occasion du 1er centenaire de la consécration de l’édifice).

Les autres façades maçonnées en moellons calcaires sont sans intérêt.

Toutefois on notera un portail obturé sur la façade Ouest, le “Perron”, ainsi que l’alignement des contreforts. Le plan général est d’une grande simplicité : un vaste rectangle dont l’axe est orienté Nord-Sud.

L’intérieur

On discerne aussitôt les vastes proportions des trois nefs.

Certes, comparée à une église de pèlerinage comme Saint-Maximin, la Collégiale de Lorgues a des dimensions moindres, mais adaptées au lieu de culte d’une paroisse économe et en expansion.
Collégiale de Lorgues :
Longueur : 56,5 m. / Largeur : 31,0 m. / Hauteur nef centrale : 22,5 m. / Hauteur bas-côtés : 14,0 m.
Basilique de Saint-Maximin :
Longueur : 72,6 m. / Largeur : 37,2 m. / Hauteur nef centrale : 28,7 m. / Hauteur bas-côté s: 17,6 m.
Le vaisseau principal d’allure majestueuse est divisé en cinq travées séparées par de puissants piliers cruciformes dont les pilastres se terminent en arcs doubleaux.

Le système de couverture utilisé est celui des voûtes d’arêtes, et pour les bas-côtés celui des coupoles.

En haut de l’abside, un grand oculus octogonal orné d’un vitrail récent (1978 Paul Ducatez) projette une vive lumière.

Assez solennelle la grande nef surprend par son élévation.

Les arcades en plein cintre sont séparées des fenêtres hautes par un vigoureux entablement.

Dépourvue de cette somptuosité baroque si fréquente à l’Est du Var, la Collégiale a été simplement conçue pour sa fonction liturgique.

La majesté et l’équilibre du lieu conviennent particulièrement à ce temple chrétien, lieu de prières et de rencontres.

Comme à l’extérieur, le style doit beaucoup aux périodes précédentes : ainsi l’arc en plein cintre, la voûte d’arêtes, l’abside incurvée. Les ajouts postérieurs – autels et retables – ne troublent pas l’unité de style à une exception près, celle du buffet d’orgue construit à l’époque du néo-gothique.

En résumé, la Collégiale Saint-Martin de Lorgues est à coup sûr un édifice majeur dans sa cité et son diocèse, et, un des monuments sacrés les plus intéressants de la Provence méridionale.

Historique

Somme toute récente (XVIIème siècle) l’histoire de la Collégiale se confond avec celle de la ville, et n’a été troublée qu’en de rares circonstances.
La construction 1704-1729. C’est à l’évêque de Fréjus, Mgr. de Fleury, futur cardinal ministre du roi Louis XV, que revint l’honneur de poser la première pierre le 15 avril 1704. L’ancienne église paroissiale aujourd’hui disparue (ruelle Saint-Martin) était trop exiguë. C’est par un élan général de la population et de ses Consuls que la Communauté lorguaise consentit un effort long, tenace et coûteux. Cette grande entreprise, affirmation monumentale de la Cité, matérialisa l’image de la micro-souveraineté lorguaise sur les pays circonvoisins, et marqua la fierté de ce chef-lieu de Viguerie. L’emplacement choisi le fut au Sud-Est de l’agglomération, la où s’étendait le quartier neuf de la Bourgade, avec ses maisons et ses couvents. Il fallut détruire plusieurs immeubles et niveler un terrain en déclivité. Les travaux durèrent 25 ans, cette rapidité relative favorisant l’unité de style. Mais ils furent ponctués d’interruptions (1716) provoquées par des difficultés financières, de ralentissements dus aux aléas des générosités publiques et privées, de contestations, expertises et procès avec l’entrepreneur. Les calamités de l’époque, invasion autrichienne de 1707, hiver de 1709, peste de 1720, n’arrêtèrent point le zèle persévérant des Lorguais. Pour l’essentiel le plan est l’œuvre d’un architecte aixois, Veirier qui dirigea les travaux jusqu’en 1711. Ensuite la Communauté traita avec un Toulonnais, Pomet. En dépit des vicissitudes, les travaux furent achevés en 1729. L’église fut aussitôt bénie par l’évêque de Fréjus et consacrée beaucoup plus tard, en 1788.
L’aménagement intérieur, fut mené tout au long du XVIIIème siècle par le soin des confréries, notamment celle du Saint-Sacrement (Corpus Domini) à qui l’on doit l’acquisition du maître-autel en 1784. Comme partout, la période révolutionnaire vit la disparition des objets du culte en argent, et celle de tableaux (1791). L’évêque constitutionnel du département du Var, Rigouard, s’installa à Lorgues de préférence à Fréjus, de 1793 à 1796. Transformée en “temple décadaire”, l’église fut épargnée. La décoration et le mobilier doivent beaucoup au XIXème siècle. Par un effort continu, la Fabrique, conseil paroissial d’administration, assura jusqu’en 1905 les charges d’entretien ou de construction. La plupart des 12 autels et retables appartiennent à cette époque marquée par le néo-classicisme.
La restauration. L’usure du temps, l’entretien inégal, les faiblesses d’origine, le tassement des maçonneries, et d’autres raisons provoquèrent d’importants désordres architecturaux. Une restauration totale de la collégiale, intérieur et extérieur, fut entreprise de janvier 2014 à décembre 2018. La collégiale fut inaugurée le 23 décembre 2018 et est à nouveau ouverte au public. Pour les horaires d’ouverture, s’adresser à la paroisse.
La Collégiale est inscrite à l’lnventaire Supplémentaire des Monuments Historiques, 2 Décembre 1911 et le financement des travaux a été partagé entre l’Etat, le Département et la Commune avec une participation paroissiale et une souscription des Lorguais, (vitraux) à travers l’ASFVL et le Lion’s Club.

(Extrait du guide “COLLÉGIALE SAINT-MARTIN. LORGUES ” par Christian Delseray, 1981

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