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Discours de Sabine Grouiller, présidente des ASFVL

Les Amis de Saint-Ferréol et du Vieux Lorgues

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Discours de Sabine Grouiller, présidente des ASFVL

Chers amis,

Nous voici réunis pour la réouverture du musée d’art sacré de l’Ermitage de Saint Ferréol.

Tout d’abord laissez-moi remercier notre maire de sa présence, ainsi que M. Philippe Portal, notre sous-préfet, venu pour nous de Draguignan, et bien entendu, le Père Eric-Félix, gardien de son troupeau..

Et je vous remercie tous, d’être là aujourd’hui pour fêter avec les Amis de Saint-Ferréol la nouvelle vie de ce petit musée.

Car il avait bien besoin d’une sérieuse rénovation, pour mettre en valeur les trésors qu’il recèle.

Et je dois dire que la mairie a tout de suite adhéré à ce projet, qu’elle nous a soutenus financièrement, car il y avait beaucoup à faire, pour une petite association comme les ASFVL. M. le Maire, soyez remercié, avec toute l’équipe municipale qui veille sur la santé du bâtiment, pour cette aide bienvenue.

Mais pour mener à bien cette rénovation, il a fallu aussi bien du courage aux amis de Saint –Ferréol, et beaucoup de détermination.

Et c’est à toute l’équipe que vont mes pensées reconnaissantes.

Ils ont dû, pour réaliser ce projet fou, mais c’est devenu un peu leur spécialité, les projets fous, mobiliser tous leurs talents, et ils sont nombreux.

En effet, ils n’ont pas hésité à se lancer dans de grands travaux de nettoyage, particulièrement ingrats, laver, brosser, cirer les stalles, le sol, les armoires, réparer les fenêtres et les meubles, et passer sur tout ce mobilier des litres de peinture ou de cire :

Maurice et Jean-François sont experts en la matière.

Et même, dirai-je, Maurice a pratiquement tout repeint, du sol au plafond, non seulement à l’intérieur du musée, mais aussi dans la chapelle, maître-autel, estrade et même la chaire, sans oublier la porte, qui en avait bien besoin, tout est fraichement repeint.

Mais pour repeindre des reliquaires, ni Jean-Paul, ni Thérèse n’ont hésité à user et abuser de la peinture dorée, déclinée sous tous ses modes, doré à l’antique, doré cuivré, doré clair, et d’autres nuances encore.

Rien de trop brillant, ni de trop clinquant pour Saint Ferréol, Saint Marc et les autres !

Mais quand il a fallu rendre vie et couleurs aux statues des saintes, c’est la main experte de Gisèle et le talent délicat de Clara qui ont présidé à cette restauration délicate.

Il a fallu encore réparer les cadres des ex-voto, les nettoyer, les brosser, ce fut le travail de Anne et d’Etienne, changer toute la signalétique, merci Jean-Paul, et enfin, touche finale, et œuvre collective sous la houlette de Sam le professionnel, changer la moquette, pour faire de la salle capitulaire un endroit digne d’accueillir les visiteurs.

Je veux aujourd’hui les remercier tous chaleureusement.

Vous pouvez les applaudir, ils le méritent amplement !

Mais quel type de collections abrite ce petit musée d’art sacré ? Tout d’abord, si vous le voulez bien, appelons-le musée de l’Ermitage de Saint-Ferréol, tout simplement, car il dépasse largement, par ses collections, la notion étroite d’ « art sacré ».

Ça lui donne un petit côté russe aussi, mais après tout il accueille aussi la collection d’icônes que Mme Rousseau a bien voulu nous confier pour l’occasion, et je l’en remercie.

Ces collections se déclinent en effet selon trois directions :

Tout d’abord la collection des reliquaires, ces impressionnantes têtes de saints personnages qui dominent de leur autorité la salle capitulaire, témoignent de la dévotion des Lorguais d’autrefois, toujours désireux d’obtenir de nouvelles reliques qui devaient, pensaient-ils, les protéger contre les malheurs du temps.

S’ils peuvent nous paraître parfois bien naïfs, forts que nous nous croyons, nous modernes, de nos connaissances scientifiques, ils sont le témoignage d’un mode de vie, et d’une confiance en la vie, qui nous fait parfois défaut, mais que nos aïeux savaient cultiver, malgré la rudesse de leur vie.

De même en est-il pour les statues de saints protecteurs, exactement comme à Notre-Dame-de-Ben-Va, ici Saint-Ferréol évidemment, et Saint Marc, sainte Philomène et bien sûr la Vierge à l’enfant.

Et puis nous avons pensé qu’il valait la peine d’exposer les magnifiques vêtements liturgiques du XVIIIème et XIXème siècle, qui dormaient paisiblement dans des tiroirs, parfois même attaqués par des rongeurs.

Ces vêtements, témoignage du savoir faire magistral des tisserands, brodeurs, teinturiers d’autrefois, même s’ils ne sont plus guère utilisés aujourd’hui, — Vatican 2 est passé par là— sont une part de notre histoire.

Ils sont une partie du patrimoine de la Provence, mais aussi de toute l’Europe depuis au moins mille ans.

Et, le premier mouvement est d’admirer la qualité des tissus, l’éclat des couleurs, la finesse des broderies qui ont traversé le temps sans qu’il puisse avoir de prise sur eux.

Mais dans un second temps on réfléchit au fait que ces gens qui les ont confectionnés, ces gens pour qui ils ont été confectionnés, bien souvent ne savaient qu’à peine lire, et pourtant partageaient une culture commune, cette de l’Occident chrétien, profondément façonné par les Écritures.

Et ces symboles qui aujourd’hui parfois nous échappent, à nous Européens modernes forts de notre science, nos aïeux les comprenaient parfaitement, qu’ils soient lettrés ou illettrés : nous avons essayé de rendre à ces vêtements un peu du sens qu’ils portaient, et qu’ils continuent de porter : ils nous aident à retrouver nos indispensables racines, et peut-être donneront-ils quelque sens à notre jeunesse, pour qui la laïcité a balayé un pan entier de notre histoire. Art sacré que tout cela, assurément, mais aussi témoignage d’un patrimoine vivant, comme on dit aujourd’hui à l’Unesco.

Et enfin le troisième volet de ces collections, ce sont les ex-voto, du XVIIème au XXème siècle.

Ces petits témoignages de reconnaissance, faits à partir d’un vœu, c’est la signification même du mot ex-voto, sont d’abord pour nous un témoignage de la vie d’autrefois en Provence.

En effet, vous pouvez voir, sur chacun de ces tableaux, souvent simples et naïfs, se côtoyer deux mondes : l’espace sacré de Saint-Ferréol, qui a protégé une famille dans la peine, et l’espace profane, dans lequel on peut retrouver la vie d’autrefois ; costumes des hommes, jupes, foulards et coiffes traditionnelles des femmes, tous les détails font renaître sous nos yeux la vie des siècles passés, avec une grande précision.

Mais par-delà ce témoignage historique, qui en soi vaut déjà son prix, ces petits tableaux sont aussi une grande leçon d’humanité, car à y regarder de plus près, bien sûr notre vie a changé, les intérieurs se sont plus les mêmes, ni les bateaux, les voitures à cheval ont disparu, mais les épreuves des hommes, elles, n’ont pas changé.

Ce sont toujours des accidents, de chasse ou de voiture, des inondations, des incendies, des naufrages, qui endeuillent les hommes, malgré tous nos moyens modernes.

Et plus encore, tous ces ex-voto qui nous parlent d’un parent, ou d’un enfant guéri, nous disent, au-delà de l’impressionnante technologie de la médecine moderne, la permanence d’un sentiment profondément humain, la reconnaissance de ceux qui ont échappé à la maladie, ou des parents dont l’enfant a survécu, qu’ils soient riches ou pauvres ; la maladie et la peine, les épreuves touchent tous les hommes, depuis toujours, jeunes et vieux, riches et pauvres. Frères humains qui après nous vivez, semblent-ils nous dire…

C’est une leçon de vie assurément.

Vous voyez donc que ces œuvres, même modestes parfois, sont un témoignage important de notre passé, mais aussi proposent une réflexion sur notre propre présence au monde, et une véritable leçon de vie, par-delà les engagements, la foi personnelle, ou les choix intimes de chacun.

J’espère vivement que la peine qu’ont prise les ASFVL pour les remettre en valeur sera récompensée par le plaisir qu’y trouveront les visiteurs.

Encore un mot, ou plutôt deux : les ASFVL ont besoin de bras, mais aussi d’ adhérents : pour adhérer, voyez le site, ou directement Thérèse ou Clara.

Et vous demandons aussi de suivre les instructions des ASFVL pour la visite du musée, pour des questions de sécurité. Je vous remercie.

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